Les choses vont vers le Pyr

Comme certains d’entre vous le savent déjà, la pyrale du buis envahi la France depuis 2007. Originaire d’Asie, ce papillon de nuit est un dommage collatéral de la mondialisation. Introduit par erreur en Allemagne dans les années 2000, il s’est développé de manière exponentielle dans nos contrées.

Quel est le problème ?

Au stade de chenille, la pyrale se nourrit exclusivement de feuilles de buis, causant de grave dégâts dans la population européenne de buis. Elle constitue une vraie menace pour la biodiversité et l’équilibre environnemental de nos campagnes.
Sauvé jusqu’à présent, le Trièves, terre de glace et d’altitude, avait réussi à repousser la pyrale qui se complaît dans les régions chaudes. Ceci est révolu !
Ces dernières années et plus particulièrement cet été, les températures de nos montagnes ont changées, nous laissant une certitude : le réchauffement climatique est bien là. Des amplitudes thermiques de plus de 15°C en une journée, qui changent nos paysages, mais qui laissent surtout une porte ouverte aux autres espèces animales et végétales habituées aux climats plus chaud. C’est le cas de la Pyrale.
Le 17 Aout 2018, au col Accarias, des nuées de pyrales se sont attaquées aux buis centenaires du parc du domaine.

Que peut-on faire ?

N’ayant aucun prédateur naturel, et avec une prolifération rapide et soutenue, il est extrêmement difficile d’endiguer son développement.
La méthode naturelle, en enlevant manuellement les chenilles sur les feuilles de buis ou au jet d’eau, reste la plus efficace, mais uniquement envisageable pour de petites populations de buis.
Des solutions, chimiques, radicales, comme les pyréthrinoïdes (perturbateurs endocriniens et mortels pour les abeilles), ou le diflubenzuron (insecticide létal pour les invertébrés d’eau douce et s’accumulant dans l’organisme des poissons) existent, mais ne font que solutionner le problème par d’autres, peut-être pire encore…
Seule approche « écologique » d’envergure, l’utilisation d’une bactérie (Bacillus Thuringiensis), qui, une fois pulvérisée sur les feuilles de buis et ingérée par les chenilles, empêchera la pyrale de grandir.

Toutefois, ces actions sont insuffisantes pour une population de buis dense comme nous avons dans nos montagnes. Ces changements sont les témoins du réchauffement climatique qui aura des conséquences bien plus néfastes que ceux-ci. Quel sera donc le prochain cap et quels dangers devra-t-il représenter pour enfin réagir de façon globale ?
Si cette bataille pouvait se perdre, elle n’est qu’un front parmi tant d’autres pour agir tous et chacun à notre échelle.

Pour en savoir plus sur la pyrale :

http://agriculture.gouv.fr/tout-savoir-sur-la-pyrale-du-buis

http://agriculture.gouv.fr/dommages-occasionnes-par-la-pyrale-du-buis

https://www.insectes-net.fr/pyrale/pyrale1.htm

http://soc.als.entomo.free.fr/pyrale_du_buis.html

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